Reconnaître et appuyer concrètement les actions des diasporas en faveur du co-développement

Joséphine Ouedraogo, ancienne Secrétaire Exécutive d’Enda Tiers-Monde.
Joséphine Ouedraogo, ancienne Secrétaire Exécutive d’Enda Tiers-Monde.

Enda souhaite se démarquer d’une certaine manière de « faire » du développement et d’une conception de la coopération Nord-Sud selon laquelle les grandes institutions du Nord aident par des flux financiers les pays pauvres du Sud, perpétuant les dépendances et les attitudes paternalistes et attentistes.

« Du bas au sommet de la hiérarchie des acteurs, les populations à travers leurs communes attendent des « aides » de la part des filières de financement gouvernementales et non gouvernementales, et les gouvernements eux-mêmes attendent des ressources de la part de la communauté des pays riches. Ainsi, le cercle parfait de la dépendance est bouclé et renforcé en permanence. Peut-on vraiment parler de développement dans de telles conditions ? (…) Il ne peut y avoir de développement sans émancipation politique, sans libre-choix, sans mobilisation citoyenne, sans progrès social porté par un processus démocratique. »

Joséphine Ouédraogo, Secrétaire Exécutive d’Enda Tiers Monde, en introduction du rapport d’activités 2010 d’Enda Tiers-Monde

Suite à un travail d’étude approfondi mené collectivement par plusieurs entités sur les initiatives des diasporas en faveur de leurs pays d’origine, Enda Europe est parvenu à la conclusion que les diasporas et leurs organisations sont des alliés potentiels pour promouvoir et mettre en pratique cette autre approche du développement, en particulier d’autres modes de coopération Nord-Sud et Sud-Sud. Les migrants sont aussi la démonstration vivante des interdépendances entre les évolutions socio-économiques et environnementales des sociétés du Nord et du Sud et font vivre de manière concrète le co-développement entre territoires.

Assurer en priorité les conditions de vie et la citoyenneté des personnes migrantes dans leurs pays de résidenceDe quel co-développement parle-t-on ?

Femmes maraîchères, Lakanguémou 2009
Femmes maraîchères, Lakanguémou 2009

Ce co-développent porté et mis en œuvre par les migrants depuis le début des années 60 est distinct du co-développement devenu « développement solidaire » porté par les institutions qui tend à déconnecter la participation des migrants au développement de leur pays d’origine des conditions de vie dans les pays de résidence, en en faisant un instrument de retour et de contrôle des flux migratoires.

L'exagération du rôle des migrants tend à déresponsabiliser les Etats en présentant par exemple les transferts de fonds comme substitut possible à l’aide publique au développement ou aux investissements publics ; la préoccupation de limiter les flux migratoires finit par prendre le dessus sur les préoccupations de développement. Il s’agit d’un dangereux travers qu’Enda Europe a contribué avec d’autres organisations à faire connaître et à combattre, au nom de la liberté de circulation des personnes.

En conséquence, Enda Europe s’engage en faveur de l’inclusion des réseaux et organisations de migrants dans les partenariats avec les autres acteurs et dans la valorisation de ces pratiques en France, en Europe et, en collaboration avec les entités d’Enda, dans les pays d’origine.

1. Par l’expérimentation de partenariats concrets au Mali, au Sénégal et au Maroc dans le domaine principalement de l’environnement.

2. Par la participation et l’animation de réseau de valorisation des pratiques de co-développement  :